Jeu indigne de l’Etat pour la construction d’un nouveau CRA
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EELV Rhône-Alpes s’indigne des éléments mis à jour par Médiacités sur le projet de nouveau CRA (Centre de rétention administrative) en cours de travaux sur le site de l’aéroport de Lyon St-Exupéry. Tout dans cette enquête montre la dérive politique des dernières années : privatisation des parts de l’aéroport au grand groupe privé Vinci ; construction d’un nouveau lieu de privation de liberté par  Eiffage pour 21 millions d’euros) ; et le tout, avec une location de l’Etat à Vinci pour 100 000 € par an.

 

Pour Monique Cosson, co-secrétaire régionale EELV : “Nous sommes dans le cynisme le plus criant avec ce projet de CRA : l’Etat, avec nos impôts, va devoir payer à la multinationale Vinci un loyer annuel de 100 000 € pour  priver de liberté des personnes étrangères au seul motif de leur situation administrative. L’enfermement devient donc une nouvelle source financière pour les grandes entreprises, avec l’aval de l’Etat, c’est tout simplement choquant.“

 

Myriam Laïdouni-Denis, élue régionale et cofondatrice de ANVITA* : “Faire face aux enjeux mondiaux de justice sociale et environnementale ne se fera pas sans penser les migrations comme l’enjeu de faire humanité ! L’égalité des droits ne saurait être optionnelle. Dans l’intérêt général, au lieu d’enfermer ces personnes, donnons leur le droit de vivre dignement, de travailler, de contribuer en partageant droits et devoirs à l’effort collectif au sein de notre République. L’argent public doit servir l’intérêt général. Nous n’avons pas besoin de CRA mais d’écoles, d’hôpitaux, de théâtres, de bibliothèques, jardins, etc… pour faire société tous ensemble”. 

 

Nous rappelons que le sénateur EELV Thomas Dossus a visité l’actuel CRA de St-Exupéry le 20 novembre dernier, mettant en avant les conditions de vie indigne des “retenus”, qui s’apparentent clairement à des détenus. Nous sommes plus dans un univers carcéral qu’un lieu de transit, qui plus est en période de covid où les gestes sanitaires ne sont clairement pas respectés. Ce nouveau CRA  va probablement s’ajouter à l’actuel, faisant passer de 140 à 280 le nombre des personnes retenues sans raison dans ces centres.

 

Nous demandons à l’Etat d’assurer un accueil digne des personnes migrantes et de s’engager réellement pour favoriser leur insertion.

 

* ANVITA : association nationale villes et territoires accueillants

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