Assises de la Santé – Atelier 1
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Comment être acteur de sa santé ?

Animation :
Claude DUCOS-MIÉRAL, médecin de santé publique, santé environnement.

Intervenant-e-s :
– Mohamed BOUSSOUAR, ancien directeur des programmes IREPS Auvergne-Rhône-Alpes ; tabacologue, MB Conseil.Santé
– Michèle RUBIROLA, ancien médecin généraliste, responsable du Centre d’examens de santé Bouches du Rhône, chef de projet CNAM Étude des facteurs de risque des maladies chroniques, Formatrice Éducation thérapeutique des malades

À propos…

La reprise des concepts fondamentaux de prévention, éducation pour la santé et promotion de la santé a permis de mieux cerner comment l’individu peut, à titre individuel et/ou collectif, intervenir sur la santé.

Les échanges font état d’une perte de confiance dans les informations données sur la santé et les orientations du système de santé.

Les propositions montrent une très forte attente de connaissances dans le but de faire ses choix, et d’une meilleure prise en main de chacun sur sa santé, d’une volonté de participer à l’action générale et de partager les décisions en vue de stratégies de santé plus adaptées aux besoins et aux ressentis des populations.

Les propositions retenues doivent nous mobiliser de façon individuelle mais aussi bien sûr collective, les deux approches représentant un ensemble cohérent devant être mieux connu et reconnu par les personnes et par institutions.

«  Comment prendre cette question ? » :

Un débat animé a ouvert l’atelier avec des approches contraires qui se sont exprimées sur le cadre général de la prévention et le positionnement des intervenants dans leur propre pratique.

Le terme « être acteur de sa santé » doit être interrogé, l’acteur étant celui qui est chargé de dire un texte qu’il n’a pas écrit, mais aussi celui qui agit pour sa propre santé. Ceci renvoie aux termes de prévention, éducation pour la santé, promotion de la santé.

Cette approche pose aussi la question de la démocratie participative d’une politique de santé.

Chaque acteur de santé est essentiellement confronté aux trois grands défis actuels :

  • Défi de l’explosion des maladies chroniques
  • Défi de l’implosion du système de santé
  • Risque pour l’assurance maladie

Il faut déconstruire la démarche actuelle qui a conduit à la situation où en sont les grands secteurs de la santé et prendre réellement en compte la santé environnementale qui ouvre les champs d’étude et d’intervention possibles et ceci de façon transversale.

Les échanges ont cherché à marquer la place plus ou moins centrale de la santé environnement, soit comme élément essentiel incluant la santé, soit comme simplement une partie des problématiques de santé.

Débat qui n’a pas été tranché

Quelques rappels pour éclairer les échanges

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a distingué trois niveaux de prévention :

  • la prévention primaire, dont l’objectif est de diminuer l’incidence d’une maladie dans une population, passe par la lutte contre les facteurs de risque et les causes d’altération de la santé, par la vaccination …
  • la prévention secondaire s’efforce par la détection précoce et la prise en charge des maladies d’éviter leur développement ou leur aggravation,
  • la prévention tertiaire vise à éviter les séquelles des maladies et les rechutes.

Une approche globale de la prévention s’est ainsi développée, envisageant l’influence des facteurs d’ordre divers, notamment social et économique, sur la santé des individus, et considérant les facteurs sociétaux comme des déterminants majeurs de l’état de santé.

Il est clair aujourd’hui que l’amélioration de la qualité des soins, loin de rendre la prévention inutile, la rend au contraire plus nécessaire et plus actuelle. Le préventif et le curatif se trouvent, avec l’essor des examens et des traitements à visée préventive, de plus en plus étroitement associés, et ne doivent plus être séparés. De plus, parce que la durée de vie s’allonge continuellement, il est essentiel de pouvoir prévenir ou retarder l’apparition de maladies chroniques. Et la prévention, qui doit permettre à tous de vivre mieux et plus longtemps, doit aussi viser à faire que ces années de vie supplémentaires soient, le plus possible, des années sans incapacité ni maladie.

La promotion de la santé

Pour prendre en compte le caractère multidimensionnel de la santé, la promotion de la santé développe des actions selon cinq axes complémentaires d’intervention :

  • l’interpellation des décideurs en vue de l’élaboration de politiques publiques favorables à la santé des populations
  • la création de milieux de vie favorables à la santé
  • la réorientation des services de santé pour une meilleure prise en compte des besoins de la population
  • une participation effective de la population aux décisions qui affectent sa santé
  • le développement des aptitudes personnelles permettant d’agir sur la santé conçue comme une ressource de la vie quotidienne. Ce dernier axe d’intervention concerne l’éducation pour la santé.

Depuis de trop longues années cependant, la part donnée à la prévention est largement insuffisante : selon les études, la prévention ne représente que 1 à 6 % de l’ensemble des sommes dépensées au plan national au titre de la santé, les ¾ vont à la consommation de soins et de biens médicaux, le reste relevant de la prise en compte du handicap, des indemnités journalières versées par la CNAM, de la gestion du système et de la recherche.

Échanges au sein du groupe sur ces notions générales

La prévention qui passe par l’échange et la rencontre, concerne les connaissances que l’on va acquérir.

Pour exemple, l’association SERA s’est beaucoup battue au sein de l’ARS pour la reconnaissance de la qualité de l’air comme facteur intervenant sur la santé.

La promotion de la santé permet aux populations d’agir sur leur propre santé et d’intervenir dans la construction d’une politique de santé.

L’éducation à la santé qui englobe l’éducation thérapeutique s’intègre dans quelque chose de plus large qui est la promotion de la santé. Elle accompagne les personnes et les groupes dans le renforcement de leur pouvoir de dire et d’agir, individuel et collectif, afin d’améliorer leur bien-être, leur qualité de vie, leur santé.

Socle de la promotion de la santé, l’éducation pour la santé fonde les conditions de l’exercice de la citoyenneté nécessaire à la mise en œuvre des autres stratégies de la promotion de la santé.

L’éducation à la santé ce n ‘est pas seulement quelques heures au collège ou au lycée sur les addictions, les relations sexuelles mais une éthique de la liberté. Il s’agit de réfléchir au niveau individuel et collectif.

Diversité d’ échanges et points de vue

La ministre des solidarités et de la santé, Mme Buzyn, s’appuie sur un socle politique qui nie la réalité des causes des pathologies.

Comment aller chercher des études pour appuyer cette réflexion sur les causes réelles des pathologies. Malgré le titre de ce ministère, le concept de santé associée à la solidarité et à l’action sociale a disparu au niveau ministériel.

Le Conseil Départemental devrait se préoccuper des maladies chroniques (ce que l’on mange, ce que l’on respire, le stress…)

En France on observe un réel déficit de l’interculturalité. Ainsi, dans l’exemple du glyphosate qui est un cancérigène, il n’y a aucun lien entre ministère de l’agriculture et ministère de la santé.

Dans les politiques publiques, il faudrait avoir une charte chapeau sur la santé avec une déclinaisons dans toutes les politiques sectorielles.

Quelles sont les priorités à changer ? Qu’est ce qui freine les messages de prévention ?

La communication en direction des femmes enceintes, est faite sur des tons injonctifs, culpabilisants au sujet du tabac, en mettant en avant le risque de petit poids du bébé.

Par ailleurs, une vaste étude internationale réalisée en 2013 dans 9 pays sur 3 millions de bébés a montré que les femmes exposées à la pollution atmosphérique ont un risque plus élevé de donner naissance à un enfant dont le poids de naissance est inférieur à 2,5 kg à terme.

Nos propositions…

Elles doivent nous mobiliser de façon individuelle mais aussi bien sûr collective, les deux approches représentant un ensemble cohérent devant être mieux connu et reconnu par les personnes et par institutions.

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