La Cour des Comptes juge le Lyon – Turin « hors de portée budgétaire »
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Les soutiens de ce projet doivent arrêter de jouer contre l’intérêt général.

Le référé de la Cour des Comptes rendu public ce 29 août est une nouvelle démonstration de l’impasse dans laquelle est engagé le projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin. En effet, il apparait que l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France (AFITF), l’outil de l’État pour financer ce type de projets, n’est pas en mesure de supporter la charge du Lyon-Turin, sauf à provoquer des déficits abyssaux, comme le montre ce graphique du rapport de la Cour des Comptes.

Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF)
Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF)

« Comme pour la centrale nucléaire d’Hinkley Point, l’État engage des collectivités et entreprises publiques dans des projets non financés. Pour le Lyon-Turin, à terme, c’est toute la structure de financement des infrastructures de transport en France qui est menacée. » s’indigne Jérôme Cucarollo, porte-parole d’EELV Rhône-Alpes. « Si l’État voulait vraiment développer le fret ferroviaire entre la France et l’Italie, c’est déjà possible par le tunnel du Montcenis, dont l’élargissement pour faire passer les plus gros trains de marchandises a coûté 1 milliard d’euros au contribuable. Cette ligne est utilisée à moins de 20% de sa capacité aujourd’hui ! L’État et les collectivités qui soutiennent encore le projet du Lyon-Turin doivent arrêter de jouer contre les usagers du rail et l’intérêt général. »

Toutefois, et ce malgré l‘activisme du lobby Lyon-Turin, des évolutions positives se dessinent : la ville de Grenoble a voté en avril 2016 sa sortie du protocole de financement des accès Français en demandant une priorité aux TER du quotidien. À Turin, l’équipe du « Mouvement 5 étoiles » nouvellement élue a fait revoir à la baisse le projet, économisant déjà plus de 2 milliards sur les accès italiens !1 Les associations environnementalistes (FNE, CIPRA, ARSMB, Vivre en Maurienne) se mobilisent pour faire entendre raison aux élus encore sous influence.

Le réseau régional de voyageurs est délaissé avec 40 TER supprimés, dont 20 pour la seule gare de Grenoble à cette rentrée et l’absence de politique réelle de report du fret de la route au rail.

« Quelles sont les logiques derrière cet acharnement à réaliser ce projet inutile et coûteux, poursuit Jérôme Cucarollo, si ce n’est de faire des cadeaux aux banques et au BTP ? L’intérêt général exige au contraire de bien utiliser les infrastructures existantes, d’alimenter le tunnel Lyon-Turin (du Mont-Cenis) via la plateforme d’Ambérieu. »

Mardi 6 septembre 2016

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