Les retraités d’EDF missionnés pour menacer les élus locaux et obtenir l’allongement de vie des centrales nucléaires périmées.

Un ancien cadre EDF de Tricastin vient de demander aux élus locaux de la communauté de commune du Rhône aux Gorges de l’Ardèche de faire voter une motion «pour une transition énergétique responsable.» Il demande de soutenir la  prolongation à 50 ans de réacteurs construits pour en durer 30. « Les réacteurs de Tricastin sont à bout de souffle. Leur cuves, construites il y a 40 ans, avec la technologie de l’époque, montrent de graves défauts : 20 fissures, dont plusieurs de plus de 12 mm, sur un seul réacteur ! Ces réacteurs ont dépassé de 3 ans leur date de péremption et détiennent le triste record d’incidents. Plus de 1000 depuis leur mise en fonction, et leur fréquence s’accélère, » rappelle André Vermorel, maire EELV de Bidon, situé à 10 km du site de Tricastin.

A la veille des municipales, la filière nucléaire fait du chantage auprès des élus locaux. Ces propositions de motions sont présentées dans plusieurs communautés de communes riveraines des centrales nucléaires françaises. Les intérêts financiers en jeu sont majeurs. En prolongeant encore des réacteurs nucléaires amplement amortis, EDF s’assure des revenus importants mais remet à plus tard les démantèlements qu’elle n’est pas en mesure d’assurer ni techniquement, ni financièrement.

« Avec cette action de  lobbying, la filière nucléaire utilise des méthodes de pression d’un autre temps. Il faut que toute la lumière soit faite sur les liens qui unissent EDF, Areva et ces associations de retraités du nucléaire qui font pression sur les élus. Heureusement, les élus ardéchois ont fait preuve de responsabilité en rejetant  cette motion » explique Guillaume Vermorel, porte-parole d’EELV 07.

 

Tricastin (Crédit Photo Prosopée)

Tricastin (Crédit Photo Prosopée)

 

Michèle RIVASI, eurodéputée, a contribué à fonder la semaine dernière « Nuclear Transparency Watch » et, parce que la sûreté nucléaire n’a pas de frontière, le premier rapport rendu par cette instance indépendante sera sur les mesures d’urgence en cas d’accident nucléaire.
« Nous constatons en Europe que plus les centrales nucléaires vieillissent, plus le nombre d’incidents augmente. J’appelle donc les élus locaux en proie à ce lobbying à ne pas tomber dans le piège et à ne pas voter ces motions, car en cas d’accident,  ils seront considérés comme co-responsables. »

L’eurodéputée rappelle que : « c’est l’Autorité de Sûreté Nucléaire, et elle seule, qui décidera de la prolongation ou non des centrales nucléaires. Cette décision est prévue pour 2015. EDF n’a donc pas à laisser croire qu’il est le seul maître à bord ; Henri Proglio s’est d’ailleurs fait taper sur les doigts la semaine dernière par le gouvernement au sujet du prolongement de la durée de vie des centrales. »

Avec le prolongement de la vie des centrales à 50 ans, un accident à Tricastin se fait de plus en plus probable. Sans compter les drames humains, un accident atomique coûtera  430 milliards d’Euros à nos territoires selon l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN), alors qu’EDF n’est assuré qu’à hauteur de 91 millions d’Euros.

Nous appelons les élus à prendre leur responsabilité et à faire passer la sécurité des citoyens avant les intérêts financiers comme l’ont fait ce 14 novembre les élus de la communauté de communes ardéchoise Du Rhône Aux Gorges de l’Ardèche.
« La filière nucléaire est un acteur économique important. Le démantèlement des centrales continuera à apporter de l’emploi en vallée du Rhône durant des dizaines d’années. La réorientation de l’économie vers la production d’énergie renouvelable et  le stockage de l’énergie assurera de vrais débouchés pour une population formée à travailler dans le domaine de l’énergie», rappelle Christian Moyersoen.

Pour Europe Ecologie Rhône-Alpes, les porte-paroles
Christian Moyersoen : 06 07 21 74 28 et Isabelle Maistre 06 45 59 37 95

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